Locavorium, le manger local et de saison

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Locavorium

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Paysan du Midi
15 Janvier 2016

Un peu de sémantique pour comprendre ce projet audacieux : Local + vore (suffixe latin désignant celui qui se nourrit de) + Ium (suffixe latin désignant l’endroit). Locavorium, c’est donc le magasin des locavores”, les personnes souhaitant consommer des produits locaux.

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Trois jeunes agronomes fraîchement diplômés viennent de créer à Saint-Jean-de-Védas un magasin de producteurs pour les locavores, à leur image. Ce mouvement prône la consommation alimentaire produite dans un rayon de 100 à 250 km de son domicile. Locavorium va plus loin avec un rayon de 150 km maxi. C’est l’histoire de trois amis, Jessica Gros, Damien Roux et Thibaud Piroux, tous 3 âgés de 25 ans et unis par la même passion : consommer de manière responsable et proposer des produits alimentaires de qualité locale en direct des producteurs. Pour Damien, “ce supermarché est une autre solution au développement du circuit court, un projet territorialisé en soutien au monde agricole. C’est une initiative innovante dans le sens où il est différent dans la forme. Nous ne demandons pas aux producteurs de faire une permanence comme dans d’autres magasins de circuits courts.” Le but est de diversifier ces circuits sans investissement financier, c’est une solution clef en main pour les producteurs,
ces derniers fixent le prix de vente en fonction de leur coût de production et Locavorium prend une commission sur la mise en vente.

Locavorium prône une véritable consomm’action

Etre locavore c’est : encourager le circuit court, permettre de soutenir l’économie locale en consolidant les filières locales et en impliquant les acteurs : abattoirs, fournisseurs transformateurs et accompagnateurs. Apporter une meilleure reconnaissance des producteurs, des savoir-faire du monde agricole. C’est aussi prendre en compte les 3 piliers du développement durable ; l’aspect environnemental, économique et social. Sur une superficie de 300 m2, des produits issus de petits producteurs bios ou non, seule importance qu’ils soient locaux, Damien explique “nous avons rencontré chaque producteur, visité chaque ferme et goûté chaque produit. C’est notre point d’honneur, il est important que nous puissions parler du produit et de son producteur.” D’ailleurs chaque samedi est organisée au magasin, une animation rencontre/dégustation avec les producteurs. Histoire de rapprocher le producteur et le consommateur. Cela leur permet également de constater leurs pratiques agricoles, si elles sont en adéquation avec leur cahier des charges de qualité, à savoir, des animaux élevés en plein air, des légumes de saison, ne pas avoir de tomates sous serre toute l’année. C’est donner l’assurance aux consommateurs que les produits qu’ils achètent sont contrôlés, et savent d’où ils viennent, tout est 100 % local ! Pour l’instant Locavorium travaille avec une soixantaine de producteurs de la région, essentiellement de l’Hérault et du Gard et des départements limitrophes. En plus de la supérette, il y a un drive et une plateforme grossiste pour les restaurants de la région. Ici pas de chef ! Trois personnes pour 3 pôles distincts: Jessica au drive, Thibaud à la plateforme et Damien au magasin.

Un drive et un atelier de transformation

Jessica explique que même le concept du drive est différent : “On commande sur internet, on paye à l’avance mais on ne retire pas les produits de sa voiture. Là, le client entre dans le magasin au niveau d’un comptoir spécifique. On veut instaurer un lien avec le client, s’il a une question nous sommes là.” Pour Jessica, “changer l’agriculture c’est bien mais continuer à consommer n’importe quoi ça ne sert à rien ! C’est compliqué de savoir ce que nous mangeons, nous sommes agronomes, ce n’est pas notre rôle
de faire cela ? D’aider le consommateur à adopter une consommation responsable et à valoriser les produits issus de producteurs locaux ?” Côté investissement, ils ont déboursé leurs économies d’étudiants, ils ont été aidés par leurs familles et ont réussi à obtenir des moyens grâce à une campagne de financement participatif, soit entre 150 000 et 200 000 euros. “Nous avons tout fait nous-mêmes, le comptoir, les étals, avec des poutres de récupération. Notre objectif à terme est d’atteindre les 100 clients quotidiens, nous sommes débrouillards”, s’exclame Jessica.

Outre les produits consommables, le trio n’est pas contre introduire de l’artisanat, plus de 300 produits
sont actuellement référencés et 600 sur l’année, selon le cycle des saisons.

“Nous avons dix idées à la seconde !” se réjouit Thibaud, responsable du partenariat et des relations entreprises, la grande nouveauté sera l’atelier traiteur. “Nous nous sommes posés la question : que faire des fruits et légumes qui s’abîment ? N’ayant pas le savoir-faire pour transformer dans notre magasin, nous avons donc fait appel à une personne qui va travailler avec nous pour mettre en place un atelier de transformation. Elle utilisera des produits du magasin et fera un coin cuisine ! Tous les midis seront proposés des plats à emporter. Cet atelier pourra aussi être utilisé par des producteurs pour mettre leurs produits sous vide.”

Le trio a aussi en tête le développement de son activité auprès des associations, restaurants, des cantines d’entreprises avec plus de volume mais une qualité et un prix abordables. “Nous aimerions devenir “le métro des produits locaux”, nous ne sommes pas des rêveurs, nous voulons juste aider les producteurs et les consommateurs.”

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