Leur rêve? Ouvrir un supermarché 100% local

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29/03/2015

On est pris soit pour des bobos rêveurs, soit pour des méchants entrepreneurs. Mais on a un retour positif des producteurs, c’est ce qui compte », sourit Damien Roux, ingénieur agronome. Avec deux amis rencontrés sur les bancs de la prépa et de l’Ensat, l’école d’agronomie de Toulouse, le jeune homme ouvrira à la rentrée prochaine Locavorium, une supérette 100% local. « On n’est pas là pour les petites fleurs et les oiseaux, poursuit-il.  Aujourd’hui, les aides directes aux agriculteurs pour leur assurer un revenu minimum représentent 70% du budget de la Pac. Ils vendent leurs produits moins cher que ça leur coûte, ils ne vivent pas de leur travail. On aurait pu choisir la contestation, on préfère la proposition. » Un drive pour commander En plus de la supérette, l’équipe mettra en oeuvre un drive et une plateforme grossiste pour les restaurants de la région. Damien se défend d’avoir les yeux plus gros que le ventre. Les expériences professionnelles de chacun nourrissent leur ambition. «On est trois, il y a trois pôles distincts. Jessica sera en charge du drive – elle en a déjà géré un dans le Tarn -, Thibaud de la plateforme et moi du magasin. Lors de mon stage de fin d’études, à Pau, j’ai appris à m’occuper d’un point de vente collectif. J’ai
été chargé d’en créer un second… » L’agronome vend particulièrement bien son projet. D’ailleurs, «les banques suivent. Le plus dur, c’est presque de trouver les producteurs ! » Riz de Camargue, vin du pic Saint-Loup… Une quinzaine est déjà partante.

Pas forcément que du bio

« Les producteurs sont contents qu’on leur apporte une solution clé en main. La vente leur prend énormément de
temps en coopérative, ils doivent faire des permanences. » C’est là une des différences avec les associations d’agriculteurs ou les Amap déjà existantes. L’offre aussi se distingue. « On veut aller plus loin que les paniers pour que le consommateur puisse choisir ses produits et surtout qu’il puisse faire toutes ses courses au même endroit, qu’il ne soit pas obligé de multiplier les déplacements dans les fermes.» Des fermes qui n’ont pas forcément le label
bio. « C’est cliché mais nous privilégions les petits producteurs, bio ou non. L’important, c’est qu’ils soient locaux
et respectent l’environnement. C’est le “fermier” qui prime.» Et s’il reste 40% de la première étape du financement participatif à atteindre, les bâtiments du “complexe Locavore” sont, eux, déjà trouvés, « 300 m2 à
Saint-Jean-de-Védas. Le samedi, nous organiserons des activités, imagine Damien. Les agriculteurs pourront venir
présenter leurs produits, ça sera le summum du circuit court.»

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